Pourquoi Jacqueline Sauvage aurait dû rester en prison.

Parce que Jacqueline Sauvage est une femme, François Hollande estime qu’elle a le droit de tuer et libère donc celle qui, au terme de 47 années de vie conjugale, a assassiné froidement son mari en lui tirant au fusil de chasse dans le dos. Rétrospective d’une affaire où la justice est bafouée, où les décisions des magistrats sont ignorées et où l’émotion laisse place à la raison grâce aux pressions du lobby féministe. 

Il était une fois une pauvre femme maltraitée et battue. Au bout de 47 ans de vie commune, elle décide finalement d’assassiner son mari tyrannique et lui tire au fusil de chasse dans le dos. Elle plaidera la “légitime défense” et sera condamnée à 10ans de prison. Cette peine est déjà une peine allégée, car au vu de son acte elle aurait du être condamnée pour meurtre aggravé et donc être en prison à perpétuité. Elle fera appel et son appel sera rejeté, sa peine confirmée. Elle obtiendra une grâce partielle et demandera une remise de peine qui lui sera refusée avant que, en fin de mandat et souhaitant remonter dans les sondages, François Hollande ne cède aux pressions féministes et finissent par lui accorder une grâce totale, lui permettant d’être libérée. Elle expliquera durant ses nombreux procès qu’elle a toujours été maltraitée, toute sa vie commune durant, que ses filles ont été violées et que son époux était un homme tyrannique et violent, injurieux et grossier.

Quelle était leur situation familiale ?

De l’union de Jacqueline et Norbert, sont nés un fils, Pascal, et trois filles, Sylvie, Carole et Fabienne. Jacqueline est ouvrière, dans l’industrie pharmaceutique puis dans la couture. Norbert, après son service militaire, passe son permis poids lourd et devient routier. En 1968 ils font construire leur pavillon et montent leur entreprise. Elle y assure la partie administrative et la gestion des livraisons. Leurs enfants s’associent à eux, s’ensuit alors une période de prospérité, avant de connaître des temps plus dur puis de péricliter. Jacqueline et Norbert sont également membre d’une association de chasseur.

La pauvre femme maltraitée et sous l’emprise d’un époux violent et tyrannique est en fait une chef d’entreprise, mère d’une famille nombreuse et chasseuse émérite, donc coutumière du maniement des armes.

Jacqueline est également une femme martyrisée, mais jalouse. Durant ses procès elle fera état d’une rivale “Laurence Cocusse” chez qui elle se rendra armée afin de lui faire peur, pour ne plus qu’elle s’approche de son époux. 

Sauf qu’en 47 ans de vie commune aucunes plaintes n’a été émise contre cette homme. Aucunes dénonciations de l’entourage ou de l’école, qui auraient dû percevoir les séquelles d’une vie de violences et de viols sur de jeunes enfants, aucuns témoignages du voisinage si ce n’est concernant la personnalité forte et injurieuse de Monsieur. 

On pourra arguer du fait que les victimes de violences conjugales en parlent peu, que beaucoup de femmes meurent sous les coups de leurs conjoints, sauf que …

Au delà de la situation familiale incohérente, des déclarations incohérentes et des mensonges flagrants durant les audiences.

Le 10 septembre 2012 au matin, Jacqueline Sauvage et son mari se disputent au sujet de l’entreprise. À 13 h 30, elle part se coucher. Elle affirme avoir été brutalement réveillée à 16 heures par son mari pour qu’elle lui prépare à manger. Il aurait ensuite exercé sur elle des violences physiques.

Ainsi Jacqueline Sauvage affirme que son mari l’a menacée, frappée, et qu’il lui a arraché sa chaîne. Cependant, l’expertise médicale atteste d’un coup à la lèvre, sans relever aucune autre trace de violence significative sur le reste de son corps.

Elle affirme aussi avoir pris des médicaments pour faire une sieste de cinq heures. Toutefois, l’expertise n’a pas relevé de traces de médicament dans son organisme.

Sur les circonstances entourant le chargement du fusil, Jacqueline Sauvage explique, pendant sa garde à vue, être descendue chercher des cartouches. À la barre, elle affirme avoir vidé ses poches lors d’une précédente partie de chasse. Elle affirme avoir tiré les coups de feu à 16 heures ; mais ceux-ci auraient été entendus vers 19 h 20. Par ailleurs, une voisine affirme avoir vu Monsieur Marot le jour même, dans l’après-midi, vers 17 h 30.

Jacqueline Sauvage affirme avoir fermé les yeux lorsqu’elle a tiré trois coups de fusil qui ont atteint le dos de son mari. Ce comportement a été considéré comme surprenant puisqu’elle est une chasseuse habituelle.

Cette excellente tireuse chassait avec son mari tous les week-ends et participait à des concours de ball-trap. Le 10 septembre 2012, à moins de 2 mètres, elle a tiré en direction de Norbert Marot, “en fermant les yeux”, dit-elle. Leur charmant pavillon de La Selle-sur-le-Bied, petite bourgade du Gâtinais d’un millier d’habitants, avait les allures d’une armurerie: les gendarmes y ont trouvé 10 armes de chasse et plus de 300 cartouches.

Absence de dénonciation des violences conjugales et de constations de celles-ci

Jacqueline Sauvage et ses filles affirment avoir été sous l’emprise d’un mari et d’un père violent, et qu’elles n’ont pas, pour ce motif, pu porter plainte contre lui.

Le 27 octobre 2014, un ancien employé du couple décrit Jacqueline Sauvage comme étant une femme soumise qui faisait profil bas lorsque son mari commençait à élever la voix.

Sylvie Marot explique qu’elle craignait le comportement de son père et des représailles si elle le dénonçait. Interrogée sur l’absence de plainte déposée, sa sœur Carole Marot fait état des mêmes peurs de représailles. Enfin, la troisième sœur Fabienne Marot explique également que si elle avait porté plainte, son père aurait été placé en garde à vue, puis serait revenu dans le foyer conjugal où sa mère aurait subi des représailles.

La passivité de Jacqueline Sauvage, qui ne s’est jamais plainte des sévices qu’elle ou ses enfants ont subis, a beaucoup questionné la présidente de la cour d’assises.

L’avocate générale explique que l’accusée n’était pas une femme soumise, et que son caractère lui permettait de se rebeller. Ainsi, le 28 octobre 2014, l’avocate générale la décrit comme étant une femme de caractère, intelligente, qui a toujours travaillé. C’est aussi une femme qui est capable de répondre, de s’en prendre à la maîtresse de son mari, d’insulter une voisine, et faire preuve de violence.

Selon l’administration pénitentiaire, elle est capable d’être méchante. Le personnel pénitentiaire la décrit comme autoritaire, indiquant qu’elle refusait les ordres.

Lors de la deuxième journée du premier procès, le 27 octobre 2015, une voisine déclare que son mari avait été giflé par Jacqueline Sauvage. Elle affirme également qu’elle la suivait et l’invectivait.

Concernant l’absence de traces, Madame Sauvage dira que son époux la frappait sur “le cuir chevelu” et que si “les bleus étaient voyant, elle ne sortait pas de chez elle”. Mais Jacqueline Sauvage travaillait dans l’entreprise et allait faire les courses.

Sylvie Marot affirme qu’une main courante a été déposée à la suite du viol de sa sœur par son père. Il n’existe pas de trace de cette main courante.

Certains des témoins n’ont pas assisté aux violences du mari envers sa femme. Ainsi, lorsque la présidente du tribunal a demandé au frère de Jacqueline Sauvage s’il avait été témoin de violences de la part du mari de sa sœur, celui-ci a répondu que non. Le fils de Pascal Marot indique qu’il n’a jamais vu son grand-père frapper sa grand-mère. La fille de Pascal indique qu’elle n’a jamais vu directement de violence, mais se souvient avoir dû précipitamment quitter la maison un jour de Noël à l’initiative de son père « car les esprits commençaient à s’échauffer ».

Ainsi, dans tous les comptes-rendus des procès, il est fait état concernant Norbert Marot d’une personnalité tyrannique, colérique et potentiellement violente. Des circonstances atténuantes étant accordée à Madame Sauvage, mais il y a tout de même des réserves factuelles sur ces violences, car aucun élément matériel ne les atteste. Il y a des témoignages, mais peu d’éléments matériels.

Indépendance de la justice, pression populaire et médiatique, souveraineté des décisions juridiques.

Si l’affaire Sauvage est dramatique, les réactions face à celles-ci le sont tout autant. On a bafoué délibérément sous la pression populaire et celle des lobbys féministes des décisions de justice réfléchies, censées et légitimes au profit d’un sentimentalisme et d’une volonté de libérer Jacqueline Sauvage parce que femme. Son profil a été angélisé, celui de son époux noirci et les faits déformés au profit d’une histoire romancée, dénuée de vérité et partiale, binaire. Les incohérences ne manquent pas, et qui prend lectures des propos tenus pendant les procès et des écrits sur cette affaire ne peut que constater qu’elle est complexe, et nécessite de la retenu et une étude minutieuse, loin de l’émotion et de la pitié qu’on tente désespérément de coller à cette femme qui a assassiné son époux en lui tirant dans le dos.

Cette affaire, comme celle de la femme ayant assassiné un homme qui la harcelait dans un accès de rage à coups de talons ouvre une brèche juridique dangereuse et complaisante pour les assassins au féminin : le sentiment de danger leur octroierait-il un permis de tuer pour autant ? Si Jacqueline c’était appelé Jacques et avait été un homme battu, auriez-vous été aussi complaisants ?

[Article rédigé par une femme de notre équipe]

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