3 janvier 1919 : le leader de la “Révolte arabe” Fayçal Ibn Husseïn signe un accord avec le sioniste Chaim Weizmann

Le 3 janvier 1919, le leader de la “Révolte arabe” Fayçal Ibn Husseïn signe un accord avec le sioniste Chaim Weizmann qui reconnait le déclaration de Balfour ainsi qu’une entente judéo-arabe pour un Foyer National Juif en Palestine.

La conférence de Paris commençant le 18 janvier, l’Organisation Sioniste Mondiale s’était activée bien avant afin de s’assurer que toutes les parties prenantes ne contrecarrent pas le projet de Foyer National Juif, d’où cet accord

S’étant fait couronné Roi à Damas et à Bagdad, sûr du soutien des Britanniques et des Français, Fayçal est gourmand et espère que son acte de trahison envers la Porte Sublime lui ouvrira les portes d’un royaume arabe uni.

C’était sans compter l’application de l’accord secret de Sykes-Picot, négocié en secret entre les vainqueurs, qui ne donneront pas suite aux promesses faîtes à Fayçal deux ans auparavant.

Fayçal rentra bredouille de cette conférence qui s’est tenu à Versailles, avec tout juste un titre de roi, décoratif, sommé de se ranger derrière les puissances occidentales pour (faire semblant de) régner. Ayant pris conscience de l’entourloupe, il devint dangereux pour les occidentaux qui n’ignorent pas sa capacité à fédérer.

Ainsi, le 8 mars 1920, Fayçal rejette les accords signés à Paris et proclame l’indépendance du Royaume Arabe de Syrie. Ce royaume comprend la Syrie, l’actuel Liban, l’actuelle Palestine, et une partie de la Turquie. Son gouvernement est constitué le lendemain.

Dans le même temps, les Alliés sont en train de préparer le traité de Sèvres qui doit organiser le dépeçage de l’Empire Ottoman. La France, qui revendique la Syrie, proclame son mandat en Syrie le 25 avril. La décision, qui parait irrévocable, déclenche des heurts violents en Syrie. Fayçal se prépare à la guerre, tandis que les Maronites du Mont-Liban (les indépendantistes libanais), anti-sunnites et dont l’autonomie avait été garantie par la France en mai 1919 s’organisent.

Le 14 juillet, la France lance un ultimatum a Fayçal qui finalement se range, mais son général se lance dans une bataille perdue d’avance où la grande majorité des nationalistes arabes périssent dans la même journée.

L’État du Grand Liban est proclamé peu après, le 1er septembre 1920, par celui-là même qui avait sommé Fayçal de se rendre, général Henri Joseph Eugène Gouraud.

Fayçal chassé de Syrie, il se réfugie en Irak où il régna jusqu’en 1933. Il meurt en Suisse, cette même suisse où fut acté la fin des Ottomans qu’il a trahi en 1923, laissant un monde arabe naissant soumis à l’Occident, sans leader et divisé. De son vivant, il a vu son frère Ali se faire chasser du pouvoir par la famille Saoud originaire du Nejd, laquelle, soutenue par les Britanniques, proclama l’Arabie “saoudite” en 1932. Il n’était cependant plus de ce monde lorsque son autre frère AbdAllah, roi de Jordanie, servi la Palestine sur un plateau aux forces sionistes, leur permettant de créer en 1948 l’Etat d’Israel, lequel fut présida par… Chaim Weizmann (rappelez-vous le mec qui a fait l’accord en 1919, sur la photo) de 1948 à 1952, lui qui pendant que les nationalistes arabes se querellaient pour qui allait prendre quelle place, avait présidé durant la période 1931-1946 l’Organisation Sioniste Mondiale.

Il y a ceux qui travaillent pour un objectif, et ceux qui creusent…

PS : La Révolte Arabe était très minoritaire dans le monde Arabe du temps des Ottomans, son plus grand fait d’arme fut la bataille d’Aqaba avec 1.700 hommes, tandis que les troupes arabes constituaient un tiers des effectifs ottomans, soit environs 300.000 hommes. Merci aux nationalistes de tout bords de ne pas insulter des peuples entiers pour des trahisons de quelques un.

SOURCEDavid Bizet
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