24 000 cyberattaques contre le ministère de la défense en 2016

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KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

Les cyberattaques visant la Défense en France « doublent chaque année ». Les services français ont bloqué en 2016 « 24’000 attaques externes » informatiques, selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre français précise que depuis sa prise de fonctions en 2012, « et notamment depuis trois ans, la menace cybernétique est devenue majeure y compris sur nos propres outils militaires ».

Alors qu’un rapport du renseignement américain accuse la Russie d’être à l’origine de piratages informatiques contre le camp démocrate durant l’élection présidentielle, M. Le Drian estime que si une telle opération « a été menée par un État, c’est une ingérence insupportable ».

Interrogé pour savoir si la France est à l’abri d’attaques similaires, le ministre répond: « Non, évidemment, il ne faut pas être naïf ». Il ne peut « être exclu que des opérations de même nature que celles observées aux Etats-Unis cherchent à perturber le processus électoral français », ajoute-t-il alors qu’un scrutin présidentiel est prévu en France en avril et mai.

Deux fois plus chaque année

« Les tentatives d’agression informatique sur mon ministère doublent chaque année », indique le ministre. Il ajoute qu' »en 2016, 24’000 attaques externes ont été bloquées par nos dispositifs de sécurité ».

Il cite par exemple « des tentatives d’atteinte à l’image du ministère, des attaques menées à des fins stratégiques (harcèlement, repérage, espionnage) et même des tentatives de perturbation de nos systèmes de drones ».

« Combattants numériques »

« La France se réserve le droit de riposter par tous les moyens qu’elle juge appropriés. Cela peut passer par l’arsenal cyber dont nous disposons mais aussi par des moyens conventionnels. Tout dépendra des effets de l’attaque », précise Jean-Yves Le Drian.

A l’initiative de M. Le Drian, la France est en train de se doter d’un commandement des opérations cyber, le CYBERCOM, placé sous la responsabilité du chef d’état-major des Armées. Cette nouvelle instance disposera d’ici 2019 d’un état-major surpervisant 2600 « combattants numériques », selon le ministre.