Un préfet publie un essai critique sur la gestion de l’islam en France

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Francois Mori/AP/SIPA

L’islam de France gangrené par des intellectuels aux abonnés absents, des responsables religieux qui donnent l’impression de «vivre de» et non pour leur religion. C’est le diagnostic, très critique, de Didier Leschi qui a publié vendredi un ouvrage intitulé «Misère(s) de l’islam de France» (éditions du Cerf), rapporte l’AFP.

D’emblée, l’essai de ce préfet, haut fonctionnaire – «l’un des meilleurs observateurs institutionnels du développement de la deuxième religion de France depuis la fin des années 1990» -, livre une analyse sévère sur la gestion de l’islam dans l’Hexagone : «Il est quelque chose de pathétique dans la présente situation de l’islam en France», écrit-il, déplorant une «impuissance» de ses acteurs face aux tragédies qui ont frappé le pays – 238 morts en 2015 et 2016 dans des attentats jihadistes.

Les responsables cultuels en prennent pour leur grade. L’auteur critique «celui qui, des années durant, a été la figure publique la plus connue de l’islam de France et, dans le même temps, en a incarné l’impasse». Difficile de ne pas reconnaître derrière ces lignes Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, deux fois président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Celui-la même qui, encore récemment, faisait passer les intérêts de son fils avant ses responsabilités en tant que chef de file du culte musulman en France.

«Malgré lui, l’État a favorisé la cristallisation d’une bureaucratie des mosquées, avec une partie d’entre elles qui donne le sentiment, de manière constante, de plus vivre de l’islam que pour l’islam», explique à l’AFP Didier Leschi.

«Ce que ces responsables sont devenus n’est pas attirant pour des jeunes en recherche de spiritualité. Des groupes plus identitaires, salafistes, peuvent leur apparaître comme plus purs.»