A peine interdit, le mouvement birman de moines extrémistes islamophobes change de nom

Ashin Wirathu

Le puissant mouvement birman Ma Ba Tha de moines extrémistes emmené par Wirathu, connu pour ses diatribes contre les musulmans, a annoncé dimanche son changement de nom, quelques jours après son interdiction par le clergé bouddhiste.

Le mouvement a publié un communiqué précisant qu’il adoptait une nouvelle appellation: la Fondation philanthropique Bouddha Dhamma.

“Nous exhortons tous les membres de toutes les régions et de tous les Etats du pays à travailler pour le pays, le peuple et la religion en utilisant le nom de Fondation philanthropique Bouddha Dhamma”, indique le communiqué.

Le nouveau nom est nettement moins connoté que le précédent. Ma Ba Tha est l’abréviation en birman de “L’Association pour la protection de la race et de la religion”, qui est aussi le nom officiel du mouvement en anglais.

Depuis l’ouverture du pays en 2011, ce mouvement fondamentaliste qui se voit comme une vigie contre la menace d’une islamisation de la Birmanie, pays qui compte moins de 5% de musulmans, est de plus en plus présent.

Et ces dernières années, les violences contre la communauté musulmane sont récurrentes en Birmanie.

La Sangha, la haute assemblée bouddhiste, qui depuis plusieurs mois prenait ses distances avec Ma Ba Tha, lui a ordonné mardi de cesser ses activités d’ici la mi-juillet, au risque de poursuites judiciaires.

Mais cette menace n’a pas dissuadé les adeptes du mouvement de participer ce week-end à un grand rassemblement dans un monastère de Rangoun décoré des bannières de Ma Ba Tha, au cours duquel nombreux sont ceux qui ont promis de continuer à faire vivre l’organisation.

L’hyperactif Wirathu qui est la figure de proue du mouvement et aime communiquer via les réseaux sociaux, est actuellement à l’affiche à Cannes dans un documentaire du cinéaste Barbet Schroeder présenté en sélection officielle hors compétition.

Ce dernier a été interdit de sermon en mars dernier pour une année, par la Sangha. Et l’an passé, le ministre birman des Affaires religieuses avait mis en garde le groupe, accusé d’attiser la haine antimusulmane dans le pays.

Alors même que les moines – qui sont 500.000 dans un pays de 51 millions d’habitants – n’ont pas le droit de vote en Birmanie, Wirathu et ses partisans sont une force politique en coulisses.

Ces dernières semaines, plusieurs maisons dans un quartier musulman de la périphérie de Rangoun ont été incendiées.

Depuis des mois, les tensions sont vives dans le nord-ouest où vivent de nombreux musulmans Rohingyas: l’armée birmane a lancé en octobre dernier une offensive d’envergure après des raids meurtriers de groupes armés contre des postes-frontières.

SOURCElalibre
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