La moitié des agriculteurs auraient gagné moins de 350 € par mois en 2016

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La MSA doit faire face à une situation sociale encore compliquée : baisse drastique des revenus des agriculteurs, explosion des demandes de primes d’activité… Une réalité difficile à concilier avec les contraintes budgétaires qui lui sont imposées.

En 2016, « le seuil fatidique » de 50 % d’agriculteurs gagnant moins de 350 € par mois pourrait être franchi, a confirmé la MSA, le 22 juin. Plusieurs indicateurs révèlent une situation toujours difficile pour les agriculteurs. À commencer par les revenus professionnels annuels moyens qui ont baissé de 31 % en deux ans, passant de 14 000 € en 2013 à 9770 € en 2015.

Résultat : la MSA a enregistré 254 000 demandes de primes d’activité (salariés et non salariés) au 2 juin 2017, contre 153 000 l’année précédente, à la même époque. Cela constitue une hausse substantielle de dossiers à traiter pour l’organisme de sécurité sociale, alors que celui-ci est contraint de supprimer 1300 postes entre 2016 et 2020 et de réduire de 15 % ses dépenses de fonctionnement. Sur le versement des primes d’activité, qui s’élèvent en moyenne à 204 € pour les non-salariés, la MSA enregistre un délai de paiement de l’ordre d’un mois et demi. Ce délai atteint 4,5 mois concernant les retraites.

Aides au répit : des débuts timides

La MSA a mis en place plusieurs mesures de soutien aux agriculteurs en 2016. Une baisse de charges sociales de 560 millions d’euros a ainsi été octroyée. Autre dispositif : l’« aide au répit » est désormais effective pour lutter contre l’épuisement professionnel. Objectif : offrir aux agriculteurs la possibilité de « se faire remplacer pour souffler ». « Cette mesure a été longue à mettre en place, elle n’est pas dans les habitudes du monde agricole »,  note Pascal Cormery, le président de la MSA. 600 personnes ont néanmoins déjà bénéficié du dispositif, pour 900 000 € d’aides versées. À ce jour, l’enveloppe exceptionnelle de 4 millions d’euros, débloquée par l’État pour l’aide au répit, est donc loin d’être consommée dans sa totalité.