En 2022, tous les œufs en boîtes devront être issus d’élevage de plein air

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Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a réaffirmé cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron. L’enjeu est de taille dans une fillière où près de 70% des oeufs sont encore issus d’élevages en batterie.

Les œufs en batterie vont disparaître des rayons. C’était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron en février 2017. «Je prends notamment l’engagement qu’il soit interdit d’ici 2022 de vendre des œufs pondus par des poules élevées en batterie», affirmait-il devant le WWF, association qui milite pour le bien-être animal. Un an plus tard, le gouvernement garde le cap. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a confirmé que d’ici la fin du quinquennat, on ne pourrait plus acheter d’œufs issus d’élevages en batterie. «En 2022, les œufs dit «coquilles» – en boîtes ou en vrac – seront issus d’élevage de plein air et plus d’élevage en cage. C’est un engagement de campagne, il sera tenu», a-t-il assuré ce dimanche dans les médias.

À noter toutefois que cette mesure ne s’appliquera qu’aux œufs dits «coquilles», à savoir les œufs en boîtes ou en vrac. On pourra toujours trouver des œufs d’élevage en batterie dans les produits transformés où ils sont encore largement majoritaires grâce aux bas coûts de production permis par ce mode d’élevage. Les ovoproduits, des œufs déjà cassés et traités en bidon à destination des professionnels, eux aussi, continueront à contenir des œufs en batterie. La France est le premier producteur d’œufs d’Europe avec 14 milliards par an. Cette production est vouée à 70% aux œufs coquilles, ceux que l’on trouve en rayon, mais 30% sont destinés aux produits transformés.

Certains distributeurs, à l’image de Monoprix, et plusieurs marques comme Mars ou Amora, ont déjà anticipé la mesure. D’autres se sont engagés à faire disparaître les œufs en batterie des rayons d’ici 2025 comme Auchan, Picard, Intermarché ou encore Carrefour. Ils devront donc accélérer leur calendrier. Metro et Leclerc vont plus loin en promettant aussi de bannir les œufs en batterie des ovoproduits d’ici 2025.

L’élevage en batterie domine toujours

Pour la filière, l’enjeu est de taille: 68% des poules pondeuses en France sont encore élevées dans des élevages en batterie. Dans ces élevages, les poules vivent enfermées dans des cages qui ne leur laissent même pas la place d’étendre leurs ailes sans se gêner les unes les autres. Les œufs proviennent par ailleurs à 6% d’élevages dits «au sol» où les poules ont un peu plus d’espace mais vivent enfermées dans le noir, et 18% viennent du plein air, ce qui signifie qu’elles ont un accès à l’extérieur de 4 mètres carrés. Les 7% restants sont issus d’élevage bio où les poules sont six par mètre carré à l’intérieur et bénéficient d’un accès extérieur comme pour l’élevage de plein air.

Ces quatre types d’élevages donnent lieu à 4 types de marquages, indiqués directement sur la coquille de l’œuf. Le chiffre 3 correspond à l’élevage en cage, le 2 à un élevage au sol, le 1 symbolise un élevage en plein air et le 0 le bio.

90% des Français favorables à l’interdiction

La décision du gouvernement semble répondre à une attente sociétale. Selon une enquête YouGov commandée par L214, une association qui milite pour le bien-être animal, 90% des Français pensent que l’élevage en batterie devrait être interdit au profit de l’élevage de plein air. L214 a d’ailleurs organisé une grande journée d’action samedi dernier dans toute la France. Des militants étaient mobilisés à Chartres, à Troyes, à Toulon ou encore à Clermont-Ferrand pour «sortir les poules de l’enfer des cages».

En décembre dernier, dans un communiqué, L214 avait d’ailleurs demandé au gouvernement d’interdire tout élevage de poules pondeuses en batterie à l’horizon 2025. Mais, pour cela, il lui faudra donc attendre encore un peu.