Ahed Tamimi : 8 mois de prison pour une gifle à un soldat israélien !

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Cette jeune fille palestinienne, mineure, qui avait donné une claque à un soldat de l’occupation israélienne qui s’était introduit chez elle après l’avoir aspergée de gaz lacrymogène et alors que son cousin avait reçu une balle en pleine tête, vient d’être condamnée à 8 mois de prison par le tribunal militaire israélien. Sa mère Nariman, présente lors de l’incident, a été condamnée à la même peine ainsi qu’à une lourde amende.

Mercredi 21 mars, la jeune palestinienne Ahed Tamimi, arrêtée le 19 décembre pour avoir giflé et bousculé un soldat, a été condamnée à 8 mois de prison ferme. C’est le résultat d’un accord passé avec sa défense pour lui éviter une peine encore plus lourde : en effet l’État d’Israël impose aux « accusés » de plaider coupable faute de quoi les peines sont extrêmement lourdes. L’État d’Israël n’a que faire du respect du droit international, des droits humains, des droits de l’enfant : il enferme ceux qui lui résistent quel que soit leur âge pensant ainsi réduire au silence tout un peuple ! Pensant le soumettre et le contraindre à partir, à quitter sa terre pour laisser place nette.

L’armée d’occupation israélienne s’en prend depuis des mois à ce lieu symbolique de la résistance non violente qu’est le village de Ahed, Nabi Saleh, mais aussi particulièrement à la famille Tamimi, sa famille dont des dizaines de membres, hommes, femmes et enfants ont été arrêtés ces dernières semaines.

Depuis la déclaration de Trump sur Jérusalem la répression est terrible : défenseurs des droits humains, acteurs de la résistance populaire, jeunes de Jérusalem, femmes, enfants sont arrêtés par dizaines, par centaines, sans compter les assassinats. Rien que la semaine dernière, deux civils palestiniens ont été tués à Hébron et Naplouse, 28 civils, dont 5 enfants et une étudiante ont été blessés en Cisjordanie où 69 civils dont 11 enfants et 2 femmes ont été arrêtés (9 enfants et 1 femme à Jérusalem Est).

Comment accepter un tel déni de justice ? L’élan de solidarité envers l’injustice faite à Ahed face au scandale qu’a représenté son arrestation ne doit pas retomber. Son portrait a été brandi dans le monde entier lors de manifestations exigeant sa libération. Cela a aussi été l’occasion de rappeler la situation faite aux prisonniers politiques palestiniens (ils sont plus de 6000 en ce moment dans les prisons israéliennes dont 350 enfants). Sa condamnation représente un scandale encore plus grand. L’élan de solidarité doit maintenant s’étendre à tous les enfants palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes en violation complète du droit international.

C’est dans ce contexte que Jean Yves le Drian, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, se rendra en Israël la semaine prochaine. Va-t-il éluder la question des prisonniers politiques palestiniens ? Va-t-il éluder la question des enfants prisonniers ? Va-t-il exiger ou pas la libération de notre compatriote Salah Hamouri ? Va-t-il préparer en toute quiétude les festivités du 70ème anniversaire de la déclaration unilatérale de l’État d’Israël marquées en France par la saison croisée France Israël ? Va-t-il se comporter comme s’il avait en face de lui les gouvernants d’un État normal alors que cet État viole tous les jours les droits humains et le droit international ?

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire : il faut que cela cesse ! Il est plus que temps que la France et l’Union européenne prennent leurs responsabilités et décident ENFIN de placer le peuple palestinien sous leur protection. Il est plus que temps qu’ils prennent leurs responsabilités qu’on en finisse avec l’impunité d’Israël.

Le Bureau national de l’AFPS, 22 mars 2018