Est-ce que le Coran est antisémite ?

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Nous entendons certains médias et certains politiques appeler à “supprimer” certains versets du Coran pour un soi-disant antisémitisme! Une ingérence dangereuse qui démontre l’ignorance du texte et de son contexte! Ces mêmes personnes n’invitent pas les autres religions à supprimer les versets “colériques” ou “violents” de leurs textes scripturaires! Nous démontrons ici par la preuve l’ignorance et la mauvaise foi des tenants de ces propos et que le Coran appelle au respect des gens du Livre (juifs et chrétiens) et incite au dialogue aimable et bienveillant et au bien-vivre ensemble.

Par Dr Tarik Abou Nour

Tout d’abord que dit le Coran à propos des gens du Livre (juifs et chrétiens) ?

Et ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus douce“(Sourate 29, verset 46)

« Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures (de prendre soin d’eux et bien se comporter avec eux). Car Allah aime les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes. » Coran, 60, versets 8 et 9.

« Il n’y a pas de contrainte en religion ». (Coran, Sourate 2, verset 256).

« Dis : “Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah. » Coran, Sourate 3, verset 64.

« O Humains ! Nous vous avons créés à partir d’un homme et d’une femme et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous pour Dieu est le plus pieux. Dieu est parfaitement sachant et bien informé. » Coran : Verset 13 Sourate 49.

« …Que quiconque tuerait une personne- à moins qu’en échange d’une autre ou à cause d’un désordre commis- rien d’autre, alors: c’est comme s’il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les gens ensemble » Coran: Sourate 5, verset : 32.

« Aidez vous les uns les autres à l’accomplissement du bien et de la piété et ne vous entraidez pas à commettre le péché et l’agression » Coran: Verset 2, Sourate 5

Quant aux versets de la sourate 9 ou de la sourate 33 , nous avions déjà explicité leurs exégèses et leur contexte précis dans notre article sur le Djihad “sens et vérités”!

Le comportement du Prophète de l’Islam (modèle de tous les musulmans) et ses compagnons après lui avec les juifs :

La première chose que le Prophète Mohammad (que la paix soit sur lui) fit après s’être établi à Médine, où il avait été invité comme chef (spirituel et temporel), fut de conclure un traité entre les Musulmans et les gens du Livre (les Juifs et les Chrétiens). D’après ce traité, les Musulmans garantissaient à ceux-ci la liberté de croyance et leur accordaient les mêmes droits et obligations que ceux dont ils jouissaient eux-mêmes. La « Constitution de Médine » ou « la Charte de Médine » est la constitution du premier Etat islamique dans la ville de Médine qui a mis fin entre autre à près de 100 ans d’affrontements interethniques entre les deux tribus de Aws et les Khazraj au sein de Médine. Les historiens conviennent en outre sur le fait que cette Constitution a établi principalement ce qui suit à Médine par le Prophète de l’islam: • la paix et la sécurité des communautés, • la liberté religieuse pour toutes les communautés, • l’acceptation de Médine comme un lieu sacré (interdiction de toute violence et ports d’armes pour le combat…) , • sécurité des femmes, • Les juifs ne font qu’une communauté avec les croyants, • Les juifs peuvent continuer de professer leur religion et la liberté de pratiquer leur religion est garantie. …….

Le texte connu sous le nom de constitution de Médine, appelée également charte de Médine est tiré du livre d’Ibn Ishaq, dans lequel il figure sous le titre : « Le pacte entre les Émigrés et les Ansars et la réconciliation avec les juifs ».

Autres exemples:
Zeyd ben Sa’na, un savant juif de Médine vint au Prophète exiger sa créance. Il lui tira l’habit de son épaule, le prit au col brutalement et lui dit avec dureté : ‘Vous, les Beni ‘Abdul-Muttalib, vous atermoyez (tumâtilûn) vos dettes !’ ‘Omar alors, le réprimanda et durcit le ton. Le Prophète sourit et lui dit : ‘Moi et lui, nous avions plus besoin d’autre chose de ta part, ô ‘Omar : que tu me recommandes de bien régler ma dette, et que tu lui recommandes de réclamer son dû de bonne façon’. Puis il ajouta : ‘Il reste (en fait) au terme (de la dette) trois (jours)’. Et il ordonna à ‘Omar de le payer et de lui donner en plus vingt mesures ‘ çâ’ ‘, pour l’avoir effrayé. Ce fut la cause de l’entrée à l’islam de cet homme qui disait : ‘Il ne manquait aucun signe parmi les signes de la prophétie de Muhammad, que je ne reconnus, sauf deux : sa magnanimité prime sa colère et le surplus d’emportement aveugle ne fait qu’ajouter à sa magnanimité. Ainsi, je l’éprouvai avec cette histoire ‘de dette”. Et je le trouvai alors, tel que décrit (dans les anciens livres). Quand à ma dette donnez la aux pauvres parmi les musulmans . (Rapporté par Ibn Hibbân (1/521))

La mère des croyants ‘Âïsha (R.A) rapporte : « Le Prophète (paix et salut ur lui) rendit l’âme en laissant son bouclier en gage chez un Juif pour trente Sâ’ d’orge. »(Rapporté par Al-Bukhâri dans le livre de « Arrahn » 3/116, les « Sunan » de Nisâî 7/303).

Cela démontre ses bonnes relations avec la communauté juive jusqu’à son dernier jour! Sauf bien sûr ceux qui lui ont déclaré la guerre ou comploter contre l’islam et les musulmans avec les hypocrites et les polythéistes.

On rapporte aussi au sujet de Abdoullâh Ibn Amr (que Dieu l’agrée) que, lorsqu’on sacrifiait un animal pour le faire cuire chez lui, il (que Dieu l’agrée) s’assurait à ce qu’une partie de celui-ci soit offert à son voisin qui était juif, en rappelant les propos suivants du Prophète Mouhammad (paix et salut sur lui) : « Djibrail (Gabriel) m’a tellement interpellé au sujet du voisin que j’ai crains que celui-ci soit désigné comme héritier» (Rapporté par al-Bukhari et Muslim)

Omar (le deuxième Calife) à Jérusalem un merveilleux exemple
Le calife confia les affaires de l’Etat à Ali et se rendit à Jérusalem. Il avait un serviteur pour seule escorte et il n’y avait qu’un chameau qu’ils chevauchaient chacun à leur tour. Le jour de leur arrivée à Jérusalem, c’était le tour du serviteur de monter la bête : « Commandeur des croyants, je te cède la monture, ce serait d’un piètre effet aux yeux des gens si je montais la bête, tandis que toi tu la guides. » « Non », répondit Omar, « je ne vais pas me montrer injuste. L’honneur de l’islam est amplement suffisant pour nous tous. » Abu Obaid, Khalid, Yazid et les autres officiers de l’armée s’étaient avancés pour recevoir le calife. Tous portaient des tuniques de soie, ce qui rendit Omar furieux. Il fit de vifs reproches à ses généraux en disant : « Avez-vous donc tant changé en l’espace de deux ans ? Qu’est ce que cet accoutrement ? Même si vous aviez fait cela 200 ans avant, je vous aurais démis. » Les officiers répondirent : « Nous sommes dans un pays où la qualité du vêtement atteste le rang de l’homme. Si nous portons des vêtements ordinaires nous inspirerons peu de respect aux gens. Cependant, nous portons nos armes sous nos robes de soie. » Cette réponse apaisa la colère du calife. Ensuite Omar signa le traité de paix. Il se présenta comme suit : « Du serviteur de Dieu et commandeur des croyants, Omar. Les habitants de Jérusalem sont assurés de la sécurité de leur vie et de leurs biens. Leurs églises et croix seront préservées. Leurs lieux de culte resteront intacts. Ils ne pourront être confisqués ou détruits. Ce traité s’applique à tous les habitants de la cité. Les gens seront tout à fait libres de suivre leur religion, ils ne devront subir aucune gêne ou trouble… » [Le patriarche orthodoxe de Jérusalem publia le 01 janvier 1953 une copie de l’original du manuscrit de la librairie d’Al-fanar (dans un des districts administrés par Istanbul) de ce qui serait « L’assurance de Omar » (Bibliothèque du Patriarcat de Jérusalem, Document n° 552).] voir également: Al-tabari, op.cit, 2éme partie page 449.

Les portes de la ville étaient ouvertes. Omar se dirigea directement vers le Temple de David (Masjid Al Aqsa.) Il fit sa prière sous l’arche de David. Il visita ensuite la plus grande église de la ville. Il s’y trouvait justement lorsque vînt l’heure de la prière de l’après midi. « Tu peux faire ta prière dans l’église », dit l’évêque. « Non », dit Omar. « Si je fais cela, il pourrait arriver un jour que les musulmans prennent cette excuse pour s’emparer de votre église. » Ainsi, il préféra faire sa prière sur les marches de l’église. De plus, il donna un écrit à l’évêque, qui stipulait que les marches ne devaient pas être utilisées pour la prière en commun ni pour l’appel à la prière.
La mosquée d’Omar : Omar voulut bâtir une mosquée à Jérusalem. Il demanda à l’évêque quel site conviendrait le mieux à son projet. L’évêque lui suggéra le Sakhra, à savoir le rocher où Allah s’adressa au Prophète Jacob. Les chrétiens y avaient amoncelé des immondices pour irriter les juifs. Omar lui-même prit part au nettoyage. Jérusalem, cité du Christ était ainsi témoin du sens de l’équité qui caractérisait l’Islam et qui est une conséquence du bon dialogue, du respect et de la reconnaissance de l’autre. Lorsque toute trace d’impureté fut enlevée, on bâtit une mosquée à cet endroit qui existe encore de nos jours et est connue sous le nom de Mosquée de Omar.

Alors qu’en est il du statut “Dhimmi” connu dans les anciens temps?
Réponse:
Cette notion est mal comprise et elle est utilisée à tort et à travers par les ennemis de l’Islam pour attaquer cette religion. Tout simplement, Dhimma veut dire “engagement” ce qui implique en terre d’islam ” Protection des minorités religieuses par l’autorité musulmane en place”. Il faut savoir que les musulmans payent la Zakat OBLIGATOIRE(pilier de l’islam) aux collecteurs désignés par l’Etat , cette zakât est pour la monnaie de l’ordre de 2.5% annuel. Par contre les non musulmans ne payent pas de Zakat et donc raison pour laquelle la Djizya (un impôt) leur a été prescrite pour contribuer également aux frais de l’Etat pour leur protection.

Enfin, nous posons la question à toute personne sincère :
Qui a sauvé et accueilli généreusement les juifs d Espagne à la suite de l’inquisition chrétienne ?
Qui a protégé les juifs du Maghreb du nazisme?