Baccalauréat : la méthode radicale de l’Algérie pour empêcher les fraudes

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Les autorités algériennes ont choisit de couper Internet sur tout son territoire à chaque début d’épreuve du baccalauréat.

La mesure, draconienne, semble porter ses fruits. Aucune fraude au baccalauréat n’a pour le moment été détecté cette année en Algérie. Et pour cause, les autorités ont pris une décision radicale : couper Internet chaque jour au début de chaque épreuve, durant une heure le matin et une heure l’après-midi.

Tous les accès à internet, fixe ou mobile, concernés

Entre ce mercredi 20 juin 08H30, lancement de la première épreuve du baccalauréat 2018, et 09H30, puis au début de la 2e épreuve, entre 11H30 et 12H30, tous les accès à internet, fixe ou mobile, ont été coupés, a constaté le bureau de l’AFP à Alger. Une troisième coupure d’une heure est prévue mercredi après-midi, selon un programme communiqué par l’opérateur public Algérie Télécom.

Une édition 2016 marquée par une fraude massive

Ces coupures interviennent “conformément aux instructions du gouvernement visant à assurer le bon déroulement des épreuves du baccalauréat”, a expliqué l’opérateur. Si les autorités algériennes ont demandé cette année aux opérateurs publics et privés de couper totalement internet au début des épreuves, c’est notamment parce que l’édition 2016 du baccalauréat avait été entachée par une fraude massive, les sujets ayant fuité sur les réseaux sociaux, avant ou au début des épreuves, permettant aux retardataires d’en profiter.

Pour y remédier, le gouvernement avait fait couper par les opérateurs l’accès aux réseaux sociaux l’an dernier, mais cela n’avait pas empêché certains d’y accéder. Aucun retard aux épreuves n’avait en outre été toléré afin d’éviter que certains ne profitent d’éventuelles fuites. Mais une session spéciale avait finalement due être organisée pour les nombreux retardataires refoulés des centres d’examen.

Tout objet connecté également interdits pour les surveillants et professeurs

Téléphones, tablettes ou autres objets connectés sont cette année interdits dans les 2.108 centres d’examen, une interdiction valable pour les quelque 709.000 candidats, mais aussi pour les professeurs, surveillants ou membres du personnel administratif.

Des détecteurs de métaux et brouilleurs de télécommunications mis en place

Mais ce n’est pas tout, puisque la ministre de l’Éducation Nouria Benghabrit a indiqué que les candidats étaient soumis aux détecteurs de métaux à l’entrée des centres. Enfin, et pour parfaire cette opération anti-fraude, elle a également fait savoir que des brouilleurs de télécommunications et des équipements de vidéosurveillance avaient été installés dans les centres d’impression des sujets.