Un nouveau service de VTC réservé aux femmes s’installe à Paris

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Une nouvelle application de VTC réservée aux femmes rejoint les quelques initiatives qui ont fleuri sur le marché ces derniers mois.

Des femmes conduites exclusivement par des femmes. C’est le service que proposera Kolett à partir de la mi-septembre, sillonnant dans un premier temps les arrondissements de l’Ouest parisien et la proche banlieue. La nouvelle application de VTC ne sera utilisable par des hommes que s’ils sont accompagnés.

“Eviter certaines remarques”

Le site internet de Kolett est aussi rose bonbon que ceux de ses deux concurrents français – énième exemple de marketing stéréotypé. Cela fait deux ans que Femme au volant et Women Drive sont établis sur ce marché de VTC particuliers, et roulent depuis sans encombre. A l’origine de ces services, des prises de conscience successives au sujet des services de taxi classiques. “Il m’est arrivé de sortir d’une soirée à une heure assez avancée. Dans ces situations, on n’a pas forcément envie de se retrouver seule dans une voiture avec un inconnu. Pas seulement pour une question de sécurité. Parfois aussi juste pour éviter certaines remarques”, explique Valérie Furcajg, co-créatrice de Kolett, au “Parisien”.

Même son de cloche du côté de Sarra Boubchir, créatrice en 2017 de l’application Women Drive avec, en tête, un mauvais souvenir de trajet en VTC. “Le chauffeur était vraiment pesant. Et comme nous refusions de répondre à ses avances, il nous a débarquées sur le bord de la route.”

Les femmes conductrices toujours rares

Le cas n’est pas isolé. Uber fait régulièrement l’objet de plainte de clientes évoquant des comportements déplacés, des propositions déclinées pourtant répétées et du harcèlement par SMS une fois la course terminée. “J’ai été moi-même chauffeur VTC pendant plus d’un an et demi, et ma clientèle nocturne m’avouait souvent son soulagement d’être transportée par une femme”, se rappelle Smahane Bouchlaghem, la créatrice de Femme au volant.

Un soulagement peut-être… Mais une situation relativement rare. D’après Valérie Frucajg, 95% des chauffeurs de VTC sont des hommes. “Il n’y a aucune raison qu’un tel déséquilibre perdure dans ce métier, qui peut aussi bien être exercé par des femmes.” Quarante conductrices ont pour l’instant rejoint Kolett. L’application a pour premier objectif d’effectuer 3.000 courses mensuelles. Et de s’élargir le plus vite possible, “pourquoi pas dans d’autre pays”…

Rémunération équitable

L’essor des compagnies de taxis dédiées aux femmes n’est pas une particularité française, loin de là. Au Brésil, le service Lady Driver revendique 100.000 utilisateurs et 11.000 conductrices. “Nous estimons que 15% du marché du transport privé peut être détenu par des applications de transport féminin”, affirmait la directrice du service Gabriela Corrêa en janvier dernier. Uber est pour l’instant loin devant, avec ses quelque 17 millions de passagers.

La nouvelle application française se targue d’être plus équitable que son concurrent américain en termes de rémunération. Si les prix ont été indexés sur ceux d’Uber France, la commission prélevée par l’application passe à 15% contre 25% chez Uber. “Les 10% d’écart sont intégralement pour la poche de nos chauffeures.”

L. D.