Cancer : manger bio réduirait les risques de 25%

0
3059

Des chercheurs français auraient établi un lien entre la consommation de produits issus de l’alimentation biologique et la réduction des risques de cancer.

De plus en plus plébiscitée, l’alimentation biologique pourrait être un vrai atout santé. Dans une étude publiée ce lundi dans la revue JAMA Internal Medicine, et dévoilée par Le Monde, des chercheurs du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques de Paris révèlent que la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique réduit les risques de cancer.

70 000 volontaires, classés en quatre groupes

Pour mener à bien cette étude, l’équipe de chercheurs français a suivi 70 000 volontaires entre 2009 et 2016. Ils ont ensuite divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio -environ plus de 50 % de leur alimentation-, à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais. Des caractéristiques sociodémographiques et de modes de vie ont également été prises en compte dans cette analyse.

25 % de risque réduit

Durant les sept ans d’étude, 1 340 nouveaux cas de cancer ont été détectés, dont les chercheurs ont ensuite observé la répartition. Et leur conclusion est claire : chez les consommateurs réguliers de bio, le risque de développer un cancer est réduit de 25 %. Les réductions de risque vont jusqu’à 34 % pour les cancers du sein post-ménopause, 76 % pour les lymphomes.

Les pesticides en cause ?

Selon l’étude, plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces données : la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio. Des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants caroténoïdes, polyphénols, vitamine C ou profils d’acides gras plus bénéfiques) dans les aliments bio peuvent également justifier ces résultats.

Des limites

Les auteurs relèvent plusieurs facteurs qui ont pu biaiser les résultats de leurs travaux. Notamment le fait que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine et sont plus soucieux de leur santé. « Ces facteurs peuvent avoir conduit à une incidence du cancer moins élevée ici que les estimations nationales », analysent les chercheurs. Si « les résultats de l’étude doivent être confirmés », comme le soulignent eux-mêmes les auteurs de l’étude, « promouvoir la consommation d’aliments biologiques dans la population en général pourrait être une stratégie de prévention prometteuse contre le cancer », avancent-ils en conclusion.