Sandra Muller, l’initiatrice de #balancetonporc, condamnée pour avoir diffamé l’homme qu’elle accusait de harcèlement

Près de deux ans après la déferlante #balancetonporc sur les réseaux sociaux, Sandra Muller, l’initiatrice de ce hashtag emblématique, a été condamnée, mercredi 25 septembre, à 15 000 euros de dommages et intérêts pour avoir diffamé l’homme qu’elle accusait de harcèlement. Mme Muller a annoncé qu’elle ferait appel de ce jugement.

Le 13 octobre 2017, Sandra Muller, journaliste pour La Lettre de l’audiovisuel, écrit sur la plate-forme Twitter le message suivant :

« #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent [sic] sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »

Message suivi quatre heures plus tard par un second Tweet : « “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit” Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc. »

La parole de milliers de femmes dénonçant harcèlement ou agressions sexuelles s’était libérée sous ce mot-dièse #balancetonporc, rapidement devenu viral, et sous son équivalent en anglais #metoo (« moi aussi ») relancé par l’actrice Alyssa Milano.

Libération de la parole ou délation

M. Brion, consultant et ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia, avait attaqué Sandra Muller en diffamation. Lors de l’audience devant la 17e chambre civile du tribunal de Paris, le 29 mai dernier, Mme Muller avait défendu la libération de la parole initiée par #balancetonporc, tandis qu’Eric Brion et ses avocats avaient dénoncé une forme de « délation ».

Ces propos, retweetés plus de 2 500 fois, remontent à une soirée cannoise de 2012, en marge du Marché international des programmes de télévision où ils se trouvaient tous deux pour le travail. Eric Brion, qui a convenu avoir eu des mots déplacés et s’était excusé par texto le lendemain, s’était défendu d’« être un harceleur sexuel ».

Ses avocats avaient attaqué le « mensonge » sur lequel serait fondé #balancetonporc, puisqu’Eric Brion « n’est pas un harceleur » : « Oui, #balancetonporc est un phénomène superbe, mais à côté de ça, il y a eu de la calomnie, de la rumeur. » En face, les avocats de Sandra Muller avaient estimé que condamner leur cliente reviendrait à « bâillonner » la parole libérée.

 

SOURCEle monde
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